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livres vs TV

La tension monte. Dans environ un mois sera diffusée la saison 4 de Game of Thrones sur la désormais célèbre chaîne américaine HBO.

On se rue sur les coffrets DVD, on tente de se remémorer la fin de la saison 3 – parodié par Golden Moustache.

Que s’est-il passé entre le début des années 2000, où l’on s’asseyait quelque fois devant la Trilogie du Samedi, et 2014 ? Fans, frénétiques, addicts. On ne manque plus un épisode. Impossible. Avec le Replay, la VOD le téléchargement, le streaming – il y a toujours un moyen de savourer notre épisode 9…

 

Game of thrones : l’incontournable du Printemps

Game of Thrones, qu’est-ce que c’est ?

Un univers fictif type Seigneur des Anneaux, des guerres sanglantes, des barbares violents, un scénario complexe. De l’extérieur, rien qui ne pourrait séduire un public féminin. Pourtant, la série est très plébiscitée par la ménagère de moins de 50 ans.

HBO surfe sur les vagues actuelles pour divertir ses cibles. Après le succès de Twilight en 2007, HBO diffuse True Blood – une version plus noire, bien sanglante qui tournerait presque en dérision les histoires surnatuerelles habituelles. Avec la fin de Sex and the City et l’énorme succès de Gossip Girl en 2007 (sur la chaîne CW), HBO contre-attaque avec Girls , série diffusée depuis 2012. La chaîne veut reconquérir la cible des jeunes femmes et des adolescentes. Girls est alors une version moins « clean » du New York de Gossip Girl.

HBO n’y va jamais de main morte. Dans Oz (1997-2003), on fait la peinture la plus réaliste de la vie en prison. On se souvient aussi de l’humour noir de Six feet under (2001-2005) où on suit les péripéties d’une famille qui détient une société de pompes funèbres. Sexe, tabous et violence sont les maîtres-mots des séries de cette chaîne incontournable.

Game of Thrones n’y échappe pas. A l’origine une saga de l’auteur à succès George R. R. Martin, le Game of Thrones de HBO s’inscrit dans la lignée de Rome (2 saisons, 2005-2007). Inceste, guerres de succession, mutilation, torture, viols – la crudité des scènes ne rebute personne puisque le nombre de téléspectateur a doublé aux Etats-Unis entre la première et la troisième saison (2,5 millions en moyenne pour la saison 1 contre 5 millions en moyenne pour la saison 3)1.

Certes, le budget de cette série est conséquent. Si on en croit le directeur de la programmation, Michael Lombardo, la saison 1 aurait coûté en moyenne 6 millions de dollars par épisode. Pour la saison 2, des moyens colossaux dignes des plus grosses productions Hollywoodiennes ont été mis en place pour le tournage de l’épisode 9 (spoiler alert), ce qui a fait gonfler le budget de 15%2.

Mais ce qui fait le propre d’un épisode de Game of Thrones, est la qualité du scénario et surtout la façon dont le téléspectateur est tenu en haleine pendant les 5 dernières minutes de chaque épisode.

On assiste à la redéfinition du « cliffhanger ». A l’origine, ils sont le propre des soap-operas type Feux de l’Amour ou Eastenders (BBC). Un petit exemple de feuilleton à l’anglaise avec Martine McCutcheon (Love Actually) : http://www.youtube.com/watch?v=m19Zer-UPpE. Game of Thrones redéfinit ces cliffhangers, chaque épisode étant écrit comme un épisode final ou un film.

 

Pourquoi les séries plaisent-elles de plus en plus ?

Lorsqu’on dit « séries américaines », on peut penser à ça :

 dallas

feux de amour

Des feuilletons vaguement intéressants, avec un scénario redondant. On n’hésite pas à faire mourir des personnages pour les ressusciter ensuite, les faire se marier et divorcer plus qu’il n’est possible dans une vie. Assez pour nous faire frissonner en début d’après-midi.

A la fin des années 90/ début des années 2000, séries rimaient avec Trilogie du Samedi. Tueuse de vampires, sorcières, Sentinel, Superman, Caméléon, etc. Au départ, peu de budget était dédié à ce genre de production. Monstres peu réalistes, scènes de combat de moindre qualité… Aujourd’hui, on fait éclater le budget.

Les stars du cinéma envahissent le petit écran : Kevin Spacey (House of Cards), Sean Bean (Game of Thones), Steve Buscemi (Broadwalk Empire), Kevin Bacon (Following), Jonathan Rhys Meyer (The Tudors), Claire Danes (Homeland), etc. Les séries sont considérées comme des grosses productions et rivalisent avec le cinéma. Les scénarios sont mieux ficelés, on travaille même avec des réalisateurs de renommée internationale. Par exemple, en 2010, Martin Scorsese  est à la réalisation du premier épisode de Broadwalk Empire pour HBO.

Tous les ingrédients du film à succès sont réunis dans une dizaine de productions de 55 minutes. La télévision qui a longtemps été critiquée pour son manque d’intérêt et la médiocrité de ses programmes prend sa revanche et nous offre du contenu exceptionnel.

On peut penser que cela est dû à une évolution des comportements dans la société actuelle. Aujourd’hui, le divertissement prend une autre forme. L’explosion des web-séries fait qu’il est facile de trouver des contenus qualitatifs courts sur Internet. Grâce à la publicité sur Youtube, les particuliers peuvent percevoir des revenus en partageant leurs vidéos, ce qui leur permettent de continuer à alimenter leurs propres chaînes et en les améliorant. Les marques et les media investissent pour supporter ces talents du web (Palmashow, Golden Moustache, Norman, Studio Bagel, etc.).

 

 Changement dans la consommation

L’avantage avec les web-séries, est qu’il est possible de les consommer où on le veut, quand on le veut. Cette possibilité de pouvoir contrôler notre consommation de l’audiovisuel devient de plus en plus importante.

Aujourd’hui, il nous est possible d’enregistrer les programmes, de les regarder en VOD, en streaming ou de les télécharger. Il y a de plus en plus de façon de « regarder la télé » (ordinateur, tablette, smartphone). On assiste à une multiplication des canaux et des écrans.

Un autre comportement est apparu il y a quelques années : regarder 24 épisodes d’une saison en une fois. En 2000, il était impensable de rester devant un écran des jours entiers. Aujourd’hui, c’est une pratique usuelle. On observe aussi que les téléspectateurs (si on peut encore les appeler ainsi) deviennent de plus en plus impatients. Ils n’ont pas envie d’attendre un an qu’une série sorte en France. Certaines plateformes proposent de diffuser des séries un jour après leur diffusion aux Etats-Unis.

Les producteurs changent le format des séries pour pallier à cette nouvelle tendance. Au lieu d’être sur un modèle de saison de 24 épisodes de 45 minutes environ, avec une pause d’un mois, on tend à avoir des saisons plus courtes (une dizaine d’épisodes) et des épisodes plus longs (55 minutes environ), sans pause. Cela permet de maîtriser les coûts : avec un même budget, on peut donc produire des épisodes de meilleure qualité.

Certains acteurs, tel que Netflix, ont compris ces changements et répondent aux besoins de ce que l’on pourrait appeler la now generation : tout avoir, tout de suite. La flexibilité dans l’utilisation est ce qui plait aux sérievores.

 

 

Tous ces changements sont dus à la qualité des programmes qui nous sont proposés. Les chaînes investissent de plus en plus dans leurs contenus, que ce soit pour les séries, les documentaires ou le divertissement. L’audiovisuel n’est plus vu comme cet outil abrutissant – la télévision est-elle en voie de devenir l’outil intellectuel de demain ? A méditer…

livres vs TV

 

1 http://www.allocine.fr/series/ficheserie-7157/audiences/

2 https://www.lesinrocks.com/2013/04/12/cinema/game-of-thrones-les-coulisses-dun-hit-11380525/

 

Autres sources :

http://www.linternaute.com/television/serie-tv/top-10-des-series-hbo/

http://www.telerama.fr/series-tv/game-of-thrones-plus-qu-une-serie-un-phenomene%2c98660.php

http://www.youtube.com/watch?v=qCw7BN-cPPM

Chef de projet communication - Banque Populaire Mastère 2 Communication 365 - ECS Paris Dynamique et impatiente. Organisée et motivée . Rationnelle mais rêveuse. Anglophile et anglophone. Rigoureuse et entêtée. Voyageuse et indépendante. Mais surtout, passionnée. Passionnée par la danse, le marketing, la musique, l'art, la gastronomie, la publicité... This is me, more or less. LinkedIn : Karen Brena Viadéo : Karen Brena

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