Raymond Depardon – Un moment si doux

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Le Grand Palais accueille Raymond Depardon du 14 Novembre 2013 au 10 Février 2014.

SES COULEURS TENDRES

Une rétrospective de Raymond Depardon au Grand Palais de plus de 150 photographies, la plupart inédites, pour nous faire découvrir ou re-découvrir un artiste qui livre sa propre vision du monde. C’est aussi l’occasion de voir une exposition qui est consacrée à son approche très personnelle de la couleur.

Cette rétrospective s’intitule « Un moment si doux », elle raconte  la douceur des souvenirs et celle de la découverte des premiers clichés et de ce qui va devenir au fil du temps la vie de ce grand photographe.

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Raymond Depardon est né en 1942. Il est le fils cadet d’une famille de paysans, et à l’époque rien ne le prédestine encore à la photographie. Un peu rêveur, ses parents s’inquiètent pour son avenir quand à l’âge de 12ans il se retrouve avec l’appareil photo de son frère, dès lors la passion de l’image ne le quittera plus. A 16 ans il s’installe à Paris et travaille dans un laboratoire photo, ce sera pour lui le grand départ. Dès 1960 il intègre l’agence Dalmas comme photographe polyvalent, puis très vite il devient un des co-fondateurs de l’agence Gamma. En 1978 il intègre la prestigieuse agence Magnum, la consécration.

Magnum Photos est une coopérative photographique qui regroupe quelques-uns des plus grands photographes et photojournalistes du monde. Créée en 1947 par Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, George Rodger, William Vandivert et David Seymour. Elle fut la première coopérative de ce genre à voir le jour.

Au Grand Palais, Raymond Depardon  nous offre plus qu’une rétrospective, il semble vouloir nous montrer les morceaux touchants de photos intimes de sa vie. Les photographies parlent de lui, de l’enfance, de choses tendres d’où jaillissent la couleur du souvenir.

Comme il nous le dit lui-même : « J’ai toujours vu la couleur comme quelque chose de tendre, contrairement au noir et blanc où je suis plus manichéen, où je montre le monde qui souffre… En couleur je suis complètement autre, plus rattaché à mon enfance, à la ferme de mes parents. » Il souligne son désir d’exposer des images différentes de celle du grand reporter de l’agence Magnum qu’il deviendra. Des images qui remontent à ses premières prises de vues à la ferme familiale à Villefranche –Sur-Saône, jusqu’aux dernières en Ethiopie cette année. Il nous le dit très bien « les années 50 m’ont forgé une culture couleur très particulière, pastel, un peu sucre d’orge. » On ressent, dans cette petite phrase, à quel point cette fameuse couleur lui est douce , elle en devient sucrée comme le bonbon du petit garçon, avec la nostalgie des moments si particuliers de l’enfance. La couleur y est donc pastel avec toutes ses nuances de tons et nous le constatons vraiment dans les images qu’il nous donne dans ses années de jeunesse.

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Dès le début, les premières photos à la ferme sont celles du tracteur rouge, de la cuisine avec son ambiance unique, ou encore la couleur parfois délavée des vieilles photos que l’on retrouve dans les boites en cartons d’un vieux grenier, et qu’on aime à ressortir pour se rappeler les années 60. Puis viendront les voyages reportages des années 70/80 qui imposent une autre approche de la photographie.

L’exposition montre que durant ces périodes, la couleur disparaît pour laisser la place au noir et blanc, question d’époque mais aussi de demande car le matériel se transforme.

Depardon s’adapte mais garde toujours son désir de coloriste. Chez lui la question sur le choix du matériel est omniprésente : couleur et noir et blanc s’opposent continuellement. Il explique « En couleur je suis complètement autre. Je suis davantage rattaché au désir amoureux. » Il souligne qu’il préfère travailler en argentique et que le numérique force les contrastes avec un rendu des tons trop dur.

On voit bien son rapport très humain à ce qui l’entoure, il nous parle à nouveau de ne pas avoir recours à tout ce qui devient dureté, il veut produire des images nuancées qui ne choquent pas, mais qui expriment la vie.

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L’exposition commence sur une grande photo montrant un journaliste sur un lit au Vietnam en 1972. Les couleurs sont frappantes : fauteuil rouge et murs bleus. Raymond Depardon veut sûrement nous faire comprendre qu’il parle de lui. Puis on passe à un jeune homme sur un scooter italien qui nous montre, à nouveau, qu’il se cherche un avenir du haut de ses 18 ans. On est toujours dans l’intime et encore une fois tout passe par la couleur.

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Bien sûr Raymond Depardon est aussi un grand reporter, et le photojournalisme l’amène à faire de nombreux reportages. Exemple en 1971 au Chili avec les indiens Mapuches, à Glasgow en 1980, ou encore à Beyrouth en 1978 qui nous montre l’horreur de la guerre civile.

Comme il se plaît à nous le dire, il a toujours recherché la présence et la place de l’humain dans son travail, et dans cette exposition il construit son itinéraire et son regard en ayant un rapport intime au sujet. Il est autant le photographe du désert que celui des routes vides. Il a d’ailleurs photographié de nombreuses séries de villages français qui ne montraient aucun personnage.  Il s’est construit une approche totalement personnelle face au monde qui l’entoure. Il parcourt la planète de l’Afrique à l’Asie en passant par l’Amérique du sud. Depardon pose toujours la question de la distance entre lui et son appareil photo, et ce qu’il veut mettre sur la pellicule.

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Depuis plus d’une dizaine d’années, il devient ce grand voyageur, découvreur d’espaces et de populations. À 71 ans il nous invite dans son itinéraire de photographe, un parcours jalonné de tous les souvenirs d’une vie d’images. Ces images nous disent combien la photographie peut servir à la fois de souvenir et de témoignage sur le monde, mais aussi d’art à part entière.

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Plus d’informations sur cette rétrospective sur le site du Grand Palais

http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/raymond-depardon-un-moment-si-doux

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Raymond Depardon c’est aussi le photographe qui a réalisé le cliché de notre président actuel.

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Aussi, pour ceux qui ne connaissent pas encore bien Raymond Depardon, peut-être avez-vous déjà eu l’occasion de voir les quelques publicités qu’il a réalisé. Découvrez les sur le  site de Culture Pub.

 

Maud Bismuth

 

 

 

Etudiante en M2 365° à l'ECS Paris. Après 4 années à Sup de Pub Paris, un BTS, un Bachelor, un M1, l'ECS m'ouvre ses portes afin d'approfondir mes connaissances acquises dans le domaine de la communication et du marketing, 360°... et 5° de plus. Curieuse, toujours avide des nouvelles tendances, Paris a su me donner les cartes pour être toujours plus proche de l'information, de l'art contemporain, de la musique, du cinéma, et bien entendu de la gastronomie ! Une passion ? La photographie... quelques clichés ici. Des expériences, des annonceurs, des agences : JWT Paris en tant que chef de publicité junior, Le Public Système en tant que chef de projet junior (pôle marketing opérationnel), Placeminute.com en tant qu'assistante responsable de la communication et enfin Marie Claire en tant qu'assistante à la rédaction mode. Afin de m'ouvrir vers ce que l'on appelle "l'avenir" de la communication, je me dirige actuellement vers le métier de chef de projet digital au sein de l'agence Same Same Paris. Pour plus d'informations, rejoignez moi sur : Viadéo - LinkedIn - Doyoubuzz - @MaudBismuth

3 comments

  1. Rosso   •  

    J’ai beaucoup aimé le moment où il fait de la mobylette !

  2. Rosso   •  

    Bel article, j’ai beaucoup aimé le moment où il fait de la mobylette !

  3. Mandarine   •  

    Cet article est finement rédigé, et me donne envie d’aller voir l’exposition.

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