Musique : le retour en grâce des vidéo-clips !

Pharell Williams et son clip de 24heures

Nous ne le pensions disparu des écrans au début des années 2000, le clip vidéo explose en ligne ! Kanye West à moto, Beyoncé et ses dix-sept vidéos, Miley Cyrus et son gros boulet ou encore Pharrell et ses 24 heures de bonheur : on n’a jamais autant entendu parler des « promo videos » comme on les appelle au pays de l’oncle Sam. Et vous passerez presque pour has-been si vous avez manqué le dernier de clip de Rihanna et Shakira ! Et si le clip sauvait l’industrie du disque ?

Si la qualité musicale du titre reste le sésame du succès des «clips vidéos» comme l’on dit chez nous, il est clair qu’aujourd’hui l’attente du public – nous : la génération Youtube – autour des clips est devenue telle que publier une vidéo ressemble de plus en plus à la sortie d’un nouvel album ! Les labels et les maisons de disques réalisent même des teasers videos de clip pour permettre aux fans de patienter avant la sortie d’un album et parfois même avant que celui-ci ne soit achevé.

Selon Alexandre Courtes, réalisateur de clip pour Justice, Phoenix, U2 «  depuis que la pop existe, le clip sert à positionner l’artiste dans un univers. Mais sa puissance de frappe a augmenté : il n y a qu’a regarder Lady Gaga, l’image est devenue aussi importante que la musique. ». Et le clip serait donc son outil de promotion numéro un ?

Crise du disque, baisse des budgets de production et désamours des chaines musicales : au début des années 2000, le clap de fin semblait pourtant être tombé sur la music vidéo. Mais si la fin du clip était annoncée, c’était sans compter les années 2010 qui nous offrent un tout autre scénario. Aujourd’hui, le clip est désormais le genre visuel le plus consommé du web. Une étude Hadopi publiée récemment a même révélé que si les vidéos musicales ne représentent que 13% des contenus de Youtube, elles sont surtout les plus regardées, plus de 110 000 vues en moyenne par jour pour un clip « officiel » posté par l’artiste.

Les clips suscitent désormais l’attente du public et grâce aux nouvelles plateformes, ils font le tour du monde en quelques heures et il semblerait qu’ils aident à l’exploitation commerciale des albums. Stromae en est l’illustration parfaite. Quelques images de lui éméché dans une rue de Bruxelles se sont d’abord répandues sur internet et ont fait le buzz puis l’artiste publie son clip Formidable. Et quelques millions de vues plus tard- le clip a déjà été vu plus de 63 millions de fois – , les ventes de son Album Racine Carrée elles aussi explosent, sans compter une tournée dont les places s’arrachent au guichet.

Si le nombre de vues ne garantie pas la qualité du clip – au top de ce box-office mondial : Psy et son titre « gentleman » comptent plus de 1,8 milliards de vues sur Youtube en 2013 – il est clair que cet outil donne au public une voix, un poids important dans les choix de programmations des chaines musicales, des radios, des émissions de musique… Avec un effet potentiel sur les ventes dans les charts.

Une nouvelle consommation de la musique

Réalisateurs et producteurs s’accordent pour dire que ce succès des clips en ligne est une chance pour les artistes en développement. Nous n’écoutons plus seulement la musique, nous la regardons ! En soirée, avec des amis, c’est Youtube qui tourne.

Et surtout la musique se partage sur les réseaux sociaux. Et cela change tout. Les vues se multiplient et l’influence des artistes avec.

La nouvelle clé du succès : la surprise

Se renouveler sans cesse pour surprendre son public, se démarquer pour se faire remarquer, être partagé pour générer du « buzz ». Beyoncé a surpris la planète Youtube et toute l’industrie de la musique en sortant sans crier gare dix-sept clips simultanément en décembre. Résultat : l’album surprise s’est écoulé à plus de 250 000 exemplaires entre les 23 et 29 décembre, une stratégie payante pour la star.

Créer de la complicité, et une expérience pour l’utilisateur via le clip peut être aussi une stratégie pour réussir à créer du buzz sur la toile et pour permettre aux gens de s’approprier le morceau.

Pharrell est devenu un cas d’école en décembre dernier. Exemple parfait d’expérience pour l’internaute avec « 24 hours of happy », le site où l’on découvre son clip vidéo de 24 heures en faisant se succéder les plans de centaines d’anonymes dansant sur « happy » en boucle. Le clip se lance à l’heure ou l’internaute le consulte mais ce dernier peut aussi choisir d’autres séquences ou peut même visionner la totalité du clip. Succès planétaire du clip sur Internet.

Et les remakes et parodies publiées ensuite sur le web furent nombreux : après l’ECS Paris, dont la brillante reprise (cocorico !) a suscité la curiosité de pas moins de 515 000 Youtubers sur la toile, les strasbourgeois et les dunkerquois se sont aussi essayé au clip vidéo !

Découvrez ci-dessous le remake de l’ECS du clip Happy !

La french touch 2.0 des clips

Qui sont les faiseurs de ce retour en grâce du clip vidéo ? Les réalisateurs français sont des acteurs majeurs de ce succès, pour ne citer qu’eux : le collectif So Me a réalisé « DVNO » pour Justice ou « It’s working » pour MGMT. Et Yoann Lemoine a tourné des clips pour Lana Del Rey, Katy Perry ou Drake quand Romain Gavras collabore avec M.I.A ou Jay-Z. Cette nouvelle vague de frenchs clipers réinvente le clip et s’exporte ! Cette génération, née avec le digital déborde de créativité. Et le format du clip est parfait puisqu’il permet une importante liberté créative

We are from LA, les frenchies collaborent Pharrell

We are from LA, les frenchies sur le tournage d’ »Happy » avec Pharrell

Et le clip est un bon moyen pour les réalisateurs de se faire connaitre… Par exemples, les We are from LA – encore eux – viennent de réaliser une performance avec Benjamin Millepied, le danseur étoile pour Adidas.

Et côté récompense, c’est un américain, Justin Timberlake qui a été récompensé par le prix de la meilleure vidéo de l’année 2013 pour le clip Mirrors au MTV vidéo music awards réalisé par Floria Sigismondi. Cette cérémonie remet depuis 1984 des prix dans chacune des catégories de videos-clip.

L’industrie du clip : un business juteux ?

Le clip, contrairement à ce que l’on pourrait penser rapporte peu. Certaines maisons de disques ou majors passent des accords avec les plateformes de visionnage et le nombre de vues colossal peut se transformer en dollars.  Mais mis à part Psy, Rihanna ou Lady Gaga, le clip ne rapporte rien… ou presque.

Aujourd’hui les clips coutent cher aux majors ou aux maisons de disques, il faut compter  de 20 000 pour un petit budget à 400 000 euros en moyenne pour le financement d’un clip. Si certains y sont encore opposés ou réfractaires et misent tout sur la créativité, faire appel directement aux marques pour procéder au placement publicitaire peut faire très sensiblement diminuer les couts de production et peut même s’avérer rentable pour certaines artistes. Les placements produits rapportent entre 70 000 et 150 000 euros selon le temps d’apparition du produit à l’écran et de l’interaction entre celui-ci et l’interprète.

IPod, vodka Nemiroff, imper Burberry, sous-vêtements La Perla, enceintes Parrot, joysticks Wii et écouteurs Beats, Lady Gaga est une championne du style avec au total 10 produits qui apparaissent dans le seul clip de « Bad Romance ». Le placement peut permettre d’avoir des budgets toujours plus importants pour la réalisation de clips.

> Regardez le clip Bad Romance de Lady Gaga

Avec ces nouvelles sources de financements, le clip s’assure un bel avenir créatif et commercial !

Food, sport, musique, web, l'oeil en permanence sur les tendances ! Un pied dans les relations publiques et l'évènementiel, mon dada ? Les stratégies de marques. Discutons sur LinkedIn  ! Anais

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