Le musée à l’épreuve de la publicité

Les musées, véritables temples de la culture, parfois adulés, parfois boudés, bercés entre la mémoire du passée et l’audace du contemporain, n’en demeurent pas moins indispensables au rayonnement de l’activité urbaine.

Mais alors, sont-elles toujours ces institutions froides où le temps semble s’être arrêté, tentant de nous restituer des périodes dans lesquelles internet, le métro et le saut de Felix Baumgartner n’étaient même pas envisageables…

Seulement, nous sommes en 2013. Nous avons évité la fin du monde, les zombies n’ont pas encore prit le dessus sur les hommes et surtout depuis quelques jours, Habemus Papam !

Non mais allô quoi ! T’es un musée et t’es pas sur internet ?!

Dès 2002, la question du virage numérique de la communication des musées est envisagée. Il serait peut-être temps pour ces derniers de s’installer dans le nouveau monde en devenir (une sorte de Tron avant avant Tron : l’Héritage de 2010….).

La première piste envisagée est celle des musées en ligne. En effet, quel meilleur moyen de rendre l’art, l’histoire, l’archéologie au peuple qu’en le rendant accessible à tous, de chez soit ?

 

Une nécessité de renouvellement :

Depuis 2002, la question de réintégrer le musée au cœur de notre vie quotidienne, s’est posée. Dans un premier temps, cela est passé par la « digitalisation » et nous ne comptons plus les musées en ligne avec force de relations publiques pour lancer l’information.

 

Puis, les musées ont commencé à s’inscrire dans une démarche de rapprochement avec le grand public, avec la mise en place de campagnes de communication étonnantes, visant à leur créer une véritable image de marque.

Les campagnes de communication du Château de Versailles sont particulièrement marquantes sur le sujet.

 

Par exemple cette campagne d’affichage signée «encore eux  » parue en 2011 dans les stations de métro et RER parisien, témoigne de cette volonté de jouer avec les codes actuels de la communication (visuel en majeur, texte court et accrocheur) pour toucher une cible de plus en plus large. Le plus est vraiment la mise en place d’une collaboration avec le métro et surtout le rer. Le voyage vers le Louvres débute dès le voyage depuis Paris.

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Nous avons également un travail de réflexion qui a été mené sur le logo du Château du roi Soleil, afin de véhiculer sa magnificence. Reconnaissable dès 2008 le Château sait évoluer avec son temps et s’inscrit désormais dans une démarche digitale pour toucher une cible plus jeune grâce à ses visites virtuelles ou encore son application mobile permettant de visiter les jardins du château et d’entrer dans une réalité augmentée ludique en filmant ce qui nous entoure.
L’image de la « marque » est tellement forte que le musée se permet un coup de maître fin 2008 en exposant les œuvres du kittchissime Jeff Koons et en s’inscrivant comme un lieu de refuge des artistes contemporains.

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Après tout, quoi de plus normal qu’un homard gonflable géant dans le salon de Mars!

 

L’expérience, au cœur de toutes les communications

 

La limite des musées en lignes est que, malgré la grande avancée technologique que cela représente, cela coupent les gens de la réalité de l’expérience muséologique. En effet, une œuvre présente un intérêt dans un musée quand elle peut être comparée à celles qui l’entoure, c’est ce à quoi sert la mise en scène.

Internet ne remplacera jamais l’émotion qu’un coup de pinceau fait naître ou encore ce que l’on peut ressentir en présence d’une œuvre détenant l’âme de son créateur. A l’image des palpitations que nous pouvons ressentir en présence de notre idole ou d’une célébrité. Immatérialiser les œuvres, c’est un peu comme visiter les grottes de Lascaux  version 2 ou encore regarder à la télé son artiste favori…Ca ne procure pas la même expérience.

 

L’investissement dans l’espace urbain

 

Le musée s’inscrit dans un territoire. Sa communication doit se distinguer d’une communication classique.

 

Le Grand Palais, à Paris a justement investit depuis quelques jours les couloirs du métro. Avec son exposition à venir, Dynamo qui revient sur 1 siècle de travail d’artistes autour du mouvement et de la lumière, le Grand Palais a fait sortir les œuvres du musée.

Comment intriguer le passant si ce n’est en collant des œuvres uniquement avec le logo du musée, dans le métro. Privées ainsi de leur contexte habituel, l’impact de ces œuvres n’en est que plus fort. Avec ce dispositif, le Grand Palais fait des galeries du métro un musée à part entière.

Le dispositif s’accompagne d’un jeu sur la page Facebook du Grand Palais. Intitulé « Dynamo ». Cette application propose aux fans une véritable « Chasse à l’œuvre » !! En postant les photos des différentes œuvres qu’ils ont croisés dans le métro, les fans pourront gagner des places pour l’inauguration de l’exposition. Un teasing original et en parfait accord avec l’âme de l’expo.

Sans titre

Toutes ces initiatives de engagées par les musées sont certes en accord avec les nouvelles techniques de communication, mais nous pouvons nous demander si cela peut être adapté à toutes les expositions… Parfois, l’art ne parle-t-il pas de lui-même ? Les grands artistes ne se définissent-ils pas par l’aura émanent de leur talent et permettant par la même occasion de réunir les foules ?

 

Les musées ne laissent pas les visiteurs ressortirent indifférents. La finalité même d’une exposition est de procurer une émotion à celui qui la regarde. Alors même s’ils se doivent aujourd’hui de suivre la tendance au niveau de leur communication, il ne faut pas pour autant perdre de vue l’essence même de ce qu’ils proposent. En effet un phénomène très puissant et souvent négligé  ayant un impact direct sur le niveau de fréquentation: Le bouche à oreille.

 

Alexia Saint-Cloud et Kawthar Raji

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