Ask.fm, quand les réseaux sociaux vont trop loin

 

 

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Vous avez peut être entendu parlé du réseau social qui fait fureur chez les adolescents : Ask.fm.

Sur ce site, les utilisateurs peuvent poser des questions à d’autres utilisateurs et en recevoir, de manière identifiée ou anonyme. Et c’est là que tout commence. Car si dans les faits ce réseau social n’a pas l’air dangereux, il peu très vite laisser place à des dérapages…

 

Les débuts de Ask.fm

Ouvert depuis le 16 juin 2010 en Lettonie, le site Ask.fm a été créé pour faire concurrence à Formspring, un réseau social basé sur le « question-réponse ». Aujourd’hui, étendu à l’échelle internationale, Ask.fm compte environ 60 millions d’utilisateurs et a largement dépassé son concurrent en terme de trafic.

 

Un succès fulgurant : 

  • 10e réseaux social mondial
  • 3e en temps passé (3/4 heure par mois en France) contre Twitter (1heure) et Facebook (5heures)
  • 65 millions d’inscrits, dont 13 millions d’utilisateurs au quotidien
  • Selon Médiamétrie, 1,3 million de Français, dont la moitié sont âgés de moins de 17 ans, sont allés sur ce site en 2012
  • Une grosse majorité de moins de 18 ans
  • 300.000 nouveaux comptes crées chaque jour
  • 30 millions de questions et réponses par jour
  • Le site est rentable alors qu’il a seulement trois ans

 

Mais pourquoi un tel succès ?

Le réseau social Ask.fm est très aimé des ados, qui se détournent de Facebook, cherchant de nouvelles tendances, tandis que Twitter leur semble compliqué d’utilisation et pas assez fun.

Les réseaux sociaux en général sont de plus en plus acceptés par les parents, qui se méfient beaucoup moins qu’avant.  De plus, il est vrai que sur le principe, il n’y a  pas de quoi effrayer les parents : un site où l’on se pose des questions… Mais les ados omettent souvent de mentionner tous les débordements.

 

Un défouloir cautionné

Ask.fm est devenu le nouveau passe-temps préféré des ados. Seuls ou à plusieurs, ils peuvent passer des heures sur ce site.

Il leur permet de se défouler d’une manière, selon eux, inoffensive. Ainsi, la plupart des destinataires et émetteurs de ces messages violents, considèrent cela comme un jeu. C’est même, pour beaucoup, tout l’intérêt du site.

Pourtant, les plus fragiles ne mettent pas de distance critique face à ces messages postés sur leur page, ce qui peut devenir très dangereux.

converstion

« Un outil pour tester sa popularité »

En plus des questions postées et des messages haineux, les ados se lancent de nombreux défis entre eux. Ces défis peuvent aller du plus enfantins : « mange une cuillère de sel » au plus vicieux : « prends-toi en photo tout nu », qui peuvent avoir de graves conséquences pour l’adolescent.

 

Les débordements

Depuis 2013 le site Ask.fm a fait l’objet de plusieurs articles sur le cyber-harcèlement ayant entraîné le suicide de plusieurs adolescents.

Le 6 août dernier on apprenait le suicide de Hannah Smith, une anglaise de 14 ans. Son père accusait alors le site d’être responsable du drame. En effet, l’adolescente recevait depuis quelques temps de nombreux messages d’intimidation et même d’encouragement à mettre fin à ses jours.

Pour lui, la possibilité d’envoyer des messages de manière anonyme est un problème, car de cette manière, les émetteurs savent qu’ils peuvent dire ce qu’ils veulent sans risquer de se faire démasquer. D’ailleurs, tous ces messages ne verraient jamais le jour si leurs auteurs devaient signer de leur nom. Ils préfèrent jouer la carte de la lâcheté. La plupart même, ne se sentent pas responsables.

Le cas de Hanna n’est malheureusement pas isolé. En quelques semaines, 4 adolescents se seraient suicidés des suites d’harcèlement sur Ask.fm.

Le site déclare à chaque fois qu’il serait « heureux d’aider la police dans ses recherches » pourtant il n’a pas voulu communiquer aux enquêteurs les adresses IP des ordinateurs ayant émis les messages.

Le site dit aussi avoir une surveillance des « contenus sexuellement explicites », pourtant aucun commentaire n’a jamais été supprimé.

Sur le site, des conseils de sécurité sont donnés aux utilisateurs ainsi que des indications pour les aider à savoir se comporter de façon « intelligente et responsable» sur Ask.fm.

 

Les employés du site ont interdiction de parler aux journalistes et de donner des interviews concernant le fonctionnement du réseau social.

Quant aux dirigeants, ils n’ont jamais accepté de s’exprimer sur le sujet et se cachent derrière les lois de leur pays.

 

Les limites juridiques :

 

En s’inscrivant, tous les utilisateurs acceptent par défaut de recevoir des messages anonymes. Ce sont ces messages qui sont les plus violents et injurieux et la plupart des utilisateurs ne savent pas comment désactiver cette fonction.

Ces messages sont, de plus, visibles par tous. En effet, dans les mentions légales du site, les utilisateurs acceptent la diffusion mondiale des informations sur le web.

Ces mentions légales ne sont disponibles qu’en anglais tandis que les contenues, eux, sont proposés en 32 langues.

juridique

Le principal problème de ce réseau social est la très faible protection des utilisateurs. Et comme il s’agit d’un site Lettonien, les lois françaises en matière de protection des mineurs, protection des données, et protection de la vie privée, ne s’appliquent pas. Les utilisateurs ont donc un champ d’action très réduit en cas de litige.

Le site est souvent accusé de cautionner ces débordements car il n’a mis en place aucun moyen efficace de tracement des auteurs de ces messages offensants et n’a pas de contrôle parental, comme c’est devenu la norme sur les réseaux sociaux.

De plus, le site ne dispose que d’une équipe de 50 modérateurs externes, alors que tous les jours, plus de 30 millions de questions et autant de réponses sont postées sur le site. Il est donc tout simplement impossible d’avoir un réel contrôle sur les contenus.

Malgré son succès planétaire, le réseau social Ask.fm est pourtant rattrapé par son actualité beaucoup plus sombre faisant fuir certains utilisateurs et partenaires.

Ainsi, plusieurs annonceurs ont déjà arrêté tout partenariat publicitaire avec le site, dont Mc Donald’s, Vodafone et eBay.

Beaucoup de politiciens, de parents et d’associations œuvrant pour la protection des mineurs, ont déjà demandé la fermeture définitive du site, ainsi que le boycott des sites encourageants l’anonymat qui pourrait conduire au cyber-harcèlement, mais pour le moment, rien de concret n’a été appliqué.

 

Mon parcours : > Licence Information-Communication à l'Université Paris VIII > Master Communication 365° à l'ECS Paris Côté pro : > Après être passée par plusieurs agence de pub et de communication, j'occupe aujourd'hui un poste de chef de projet communication chez l'annonceur dans le secteur de l'événementiel.

5 comments

  1. Nicolas   •  

    Ask, un réseau social de merde comme on en fait plus. Faire un réseau social ciblé d’une population à l’âge de la crise identitaire où rien ne compte plus que d’être socialement bien vu y’a rien de tel ! Petit florilège de cours de récréation accentué par l’anonymat, ça fonctionne plutôt pas mal pour cracher des insultes…
    Devrait être interdit ce genre de truc.

  2. Wendy   •  

    Tout à fait d’accord avec Nicolas ! Un concept absurde qui ne fait qu’accroître la violence des ados entre eux. Et ensuite on s’étonne parce que le taux de suicide des jeunes augmente…

  3. Natacha   •  

    C’est inadmissible que les gérants du sites ne réagissent pas! Les suicides ne les touchent donc pas?! Pourtant c’est bien en parti leur faute!
    L’anonymat devrait être interdit sur ce genre de site, les gens oseraient bien moins dire de telles cruautés!
    Et si ce site ne ferme pas, on devrait leur imposer d’embaucher plus de personnes pour modérer les commentaires postés.

  4. Blandine   •  

    Un article très intéressant ! On n’en parle pas assez de ce site ! C’est une aberration d’avoir accès à un site comme celui-ci avec les lois que nous avons en France !
    Le système d’anonymat est un véritable scandale ! Comme le dit très bien Nicolas faire un réseau pour des ados qui ont déjà du mal à accepter qu’ils deviennent adultes !

  5. bro   •  

    C’est un peu « tendre le bâton pour se faire battre » ce réseau social. Les questions pourraient être constructives mais c’est loin d’être le cas!

    Je ne vois pas en quoi se faire poser des questions et y répondre publiquement peu être divertissant. Si l’on souhaite avoir des infos sur la personne en question autant lui poser directement ou passer par un système de messagerie privée présent sur le réseau social ayant servi au partage de la page sur ask.fm

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